ChercheuRs
responsables 

Marie-Eve Poitras

Étudiante responsable :

Andréanne Rivard

lieu de l'étude

Province du Québec

thèmes

Douleurs chroniques, soins primaires, GMF, maladies chroniques, infirmières, accessibilité des services

Le soutien à l’autogestion de la douleur chronique
en soins primaires : Explorer l’implication
de l’infirmière en GMF auprès des personnes vivant avec une maladie chronique

Problématique de recherche

et objectifs de l'étude

 

Définie comme une douleur qui persiste au-delà de trois mois (Treede et al., 2019), on estime que la douleur chronique (DC) touche une personne sur cinq (Steingrímsdóttir et al., 2017). Au Canada, son fardeau économique en termes de soins de santé et de perte de productivité atteint entre 38,3 et 40,4 milliards de dollars par année (CPTF, 2020). On estime d’ailleurs que la DC coûte plus cher que les maladies du coeur, le diabète ou le cancer (Gaskin et al., 2012). Le soutien à l’autogestion aide les personnes vivant avec de la DC à devenir expertes de leur condition de santé en intégrant dans leur quotidien les traitements pharmacologiques, psychologiques et physiques afin de soulager leur douleur et ses impacts fonctionnels (Lalonde et al., 2015). 

  

La prise en charge de la DC en soins primaires demeure non optimale en raison d’un manque d’accessibilité aux services, d’un manque de ressources professionnelles et d’un manque de formation des ressources en place (AETMIS, 2006; CPTF, 2019). Bien que l'expertise infirmière en soins primaires ait été démontrée efficace à l’égard de l’amélioration de la condition de santé et le développement des compétences d’autogestion des personnes vivant avec de la DC (Courtenay & Carey, 2008; Kawi, 2014; Matthias et al., 2010; Torrance et al., 2011), plus de 50% des infirmières dans les GMF ne sont pas impliquées dans la gestion de la DC, tandis que l’autre moitié réalise très peu d’activités de soins auprès de cette clientèle (Bergeron et al., 2015). L’infirmière en GMF a été identifiée comme la professionnelle la mieux placée pour accompagner les personnes vivant avec de la DC (Lalonde et al., 2015).  

 

Ce projet doctoral combinant des approches quantitatives et qualitatives permettra de décrire et prioriser les activités de soins en soutien à l’autogestion où la contribution des infirmières en GMF serait bénéfique, en plus de décrire les obstacles et les facilitants à leur implantation.
 

Le projet s’appuiera sur le modèle d’application des connaissances « Des connaissances à la pratique » ou le Knowledge to Action Process (KTA) Model de Graham et al. (2006). Ce modèle favorise le transfert des connaissances intégré de la recherche vers la pratique clinique en impliquant les différentes parties prenantes concernées (Straus et al., 2013). Dans le modèle KTA, l’application des connaissances se nomme « le cycle d’action » qui représente le processus complet de la création, l’adaptation et l’intégration des connaissances dans la pratique (Graham et al., 2006; Straus et al., 2013). Dans le cadre de ce projet doctoral, les trois premières étapes du cycle d’action seront réalisées, soit 1) cerner le problème, 2) adapter les connaissances au contexte local, 3) évaluer les obstacles à l’application des connaissances (Graham et al., 2006). 

Traitement chiropratique

Au Canada, le fardeau économique de la douleur chronique (DC) en termes de soins de santé et de perte de productivité atteint entre 38,3 et 40,4 milliards de dollars par année (CPTF, 2020).
On estime d’ailleurs que la DC coûte plus cher que les maladies du coeur, le diabète ou le cancer(Gaskin et al., 2012).

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Méthode

Comme ce projet doctoral comporte deux phases complémentaires et consécutives, il s’inspirera donc d’une approche multiphases. La première phase sera réalisée en collaboration avec des experts par une méthode de consensus, telle que la méthode Delphi afin de cibler et de prioriser les activités possibles pour la pratique infirmière en GMF. Cette méthode de recherche et de collecte des données anonyme structurée permet à un groupe de personnes qui connaissent bien le sujet de tendre vers un consensus pour formuler des recommandations de haut niveau d’acceptabilité lorsque l’état actuel des connaissances est insuffisant pour un cadre universel (Dalkey & Helmer, 1963). Par l’entremise de questionnaires web (Holloway, 2012), des acteurs en soins primaires (infirmières, médecins, patients vivant avec de la DC) seront recrutés via des organisations professionnelles et médias sociaux afin de prioriser des activités de soutien à l’autogestion réalisables par l’infirmière en GMF à travers trois tours de consultation. Le recrutement est prévu au Québec, mais rien n’empêche de l’élargir au reste du Canada puisque l’approche web n’a pas de barrières géographiques. 

Phase 1

Phase 2

La deuxième phase du projet de recherche sera ancrée dans l’approche interprétative descriptive qualitative de Thorne (2016) qui favorise le développement de connaissances qui vise à répondre à une préoccupation issue de la pratique clinique pour l’expliquer et en comprendre sa signification. La visée exploratoire est utile lorsque l’état des connaissances est jugé insuffisant et ces connaissances peuvent constituer une base d’informations pour faire le pont vers de futures études (Thorne, 2016). La collecte sera réalisée l’aide de focus group (n = 3) pour explorer le point de vue des infirmières en GMF sur les obstacles et facilitants susceptibles d’influencer l’adoption d’activités de soutien à l’autogestion de la DC (activités identifiées durant la phase 1) à partir de leur expérience professionnelle. Le focus group est indiqué pour générer des connaissances pour orienter et pour soutenir la prise de décisions concernant l’implantation de nouvelles pratiques (Krueger & Casey, 2015).

Contribution et retombées escomptées

 

Réalisé en partenariat avec des cliniciens, des patients et des chercheurs, ce projet permettra une innovation en matière de santé basée sur les conditions de pratique clinique réelles. Le projet remplira toutes les conditions requises en recherche axée sur les patientes et les patients (Pluye & Hong, 2014) en impliquant les patients en tant que partenaires dans toutes les étapes de la planification et de la réalisation du projet. Le projet rencontre également les axes de recherche jugés prioritaires par les chercheurs et par les personnes par les personnes vivant avec la maladie (CPTF, 2020, Poulin et al., 2018) et porte autant sur l’organisation des soins que sur l'expérience de santé des personnes.

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56%

des infirmières ne sont pas impliquées dans la gestion de la DC (Bergeron et al., 2015).

Les infirmières en médecine de famille sont appelées à prendre une place majeure dans la gestion des maladies chroniques telles que le diabète ou l’hypertension artérielle (CFPNA, 2019; MSSS, 2019). Une seule étude s’est attardée à décrire l’implication en DC des infirmières en GMF au Québec (Bergeron et al., 2015). En fait, 56% des infirmières ne sont pas impliquées dans sa gestion (Bergeron et al., 2015). Pour le reste, elles rapportent faire quelques (n=3) activités en gestion de la DC dans 53,7% et 62,2% des cas (Bergeron et al., 2015). La principale barrière identifiée était la méconnaissance des interventions possibles pour soulager la douleur à 71,7%. Ultimement, il serait souhaitable d’arriver à élaborer des recommandations sous forme d’une annexe au « Guide pratique à l'intention des infirmières cliniciennes qui travaillent dans un groupe de médecine de famille ou un groupe de médecine de famille universitaire »